La Jacobs Foundation publie le « Whitepaper sur les investissements en faveur de la petite enfance : Éclairage sur leur utilité pour l’économie nationale » (mai 2020). Ce document se réfère à une étude réalisée par BAK Economics sur les effets, pour l’économie nationale, de programmes d’investissements dans le domaine de l’accueil des jeunes enfants.

Ce travail montre que l’amélioration des offres d’accueil pour petits enfants augmente le produit intérieur brut d’environ 0,5 pour cent par année, soit 3,4 milliards de francs, et que les investissements sont rentables pour l’État après dix ans déjà.

Le Whitepaper est le dernier d’une série de quatre documents publiés par la Jacobs Foundation dans le cadre du programme de recherche sur la petite enfance en Suisse qu’elle a mené ces dernières années (2016: Coûts et utilité d’une politique de la petite enfance, 2018: Concilier le travail et la vie familiale et en janvier 2020 : Rapport entre l’encouragement précoce et le développement des enfants). Dans le cadre de sa nouvelle stratégie, la Jacobs Foundation portera ses efforts dès 2021 sur le thème « Apprendre ».

Supports à télécharger

Résultats de l’étude BAK résumée par la Jacobs Foundation

  • Le programme d’investissement auquel l’étude fait référence prévoit la création de 21’000 places d’accueil supplémentaires tout en aménageant une réduction des contributions parentales, pour un coût d’environ 800 millions de francs par année.
  • L’allégement de la charge parentale en matière de garde des enfants permet, notamment aux mères, de reprendre une activité professionnelle ou d’augmenter leur temps de travail : en effet, le volume de travail par place d’accueil supplémentaire en crèche équivaut à une augmentation de 46 pour cent d’un poste à plein temps. L’activité lucrative plus intensive des parents accroît leur revenu et stimule la productivité ainsi que la croissance économique.
  • Le fait d’encourager les enfants dans leurs compétences se répercute de manière positive sous forme de rendement éducatif et permet de réduire les coûts sur le plan de la santé publique et des affaires sociales. La fréquentation d’une structure d’accueil pour petits enfants entraîne ultérieurement, pour la personne concernée, une augmentation de revenu de 3,8 pour cent par an en moyenne.
  • Investir dans le développement de la petite enfance augmente sensiblement la croissance économique: à long terme, le produit intérieur brut est plus élevé d’environ 0,5 pour cent par an, soit 3,4 milliards de francs. En comparaison, ce chiffre correspond grosso modo à la valeur brute créée par le secteur de l’édition et des médias et représente un montant nettement plus élevé que celui généré par le secteur de l’aviation civile.
  • Des investissements supplémentaires dans la qualité des structures d’accueil entraîneraient même une amélioration du produit intérieur brut qui passerait de 3,4 à 6,5 milliards de francs par an.
  • L’encouragement précoce profite tout particulièrement aux enfants défavorisés. Investir dans un programme d’encouragement en faveur des enfants défavorisés produirait une augmentation du produit intérieur qui passerait de 3,4 à 4,9 milliards de francs par année.
  • Idée de clé de répartition du financement : les investissements en faveur de la petite enfance ne doivent pas être à la charge des parents. Leur coût de ces engagements pourrait être réparti en fonction des retombées financières que la Confédération, les cantons et les communes obtiendraient grâce aux recettes fiscales additionnelles.